Chaque semaine dans Cosmorama, une carte, une image, une découverte pour penser le monde autrement et en prendre soin. Pour les amoureux des cartes, voici l'Afrique.
Carte de 1884, par Rand McNally, disponible sur East of Nowhere
Ce grand bassin là, comme un berceau...
Près du Kilimandjaro et des sources du Nil.
C'est la Vallée du Grand Rift. Au chaud pendant 5 à 6 millions d’années, les proto-humains y ont appris à dompter l'espace et le temps. Australopithèques, Paranthropes, Homo Habilis et Homo Erectus.
L’humanité est sortie d’Afrique pour la première fois il y a 1.5 millions d’années. Ce n'était pas Sapiens du tout. Entre 500 000 et 50 000 ans, dans toute l'Eurasie, régnait Néandertal.
Puis Homo Sapiens. Il y a 50 000 ans seulement. C'est hier !
Sortis du même berceau, leurs troupes ont traversé la mer Rouge à l’Est et Gibraltar au Nord. C’est la vague qu'on appelle ’‘Out of Africa II” vers l'Europe, l'Asie et l'Australie.
Les Amériques étaient encore intouchées il y a 20 000 ans. Ce décalage est stupéfiant quand on sait que l'Afrique connait le genre humain depuis plusieurs millions d'années.
Sachez que la taille du Sahara a varié au fil du temps.
Vers 8000 av. J.-C, à la fin de la dernière glaciation, le Sahara était encore vert et fertile.
En plein désert dans le Hoggar, au sud de l'Algérie, on trouve des grottes peintes d'un pays riche et fertile. Ce sont les joyaux du Tassili.
En fait, l'assèchement du Sahara n’a eu lieu que vers 5000 av. J.-C.
Le plus grand désert du monde a créé une frontière récente conduisant à des évolutions historiques distinctes. L’Égypte antique s’est développée le long du Nil, l'expansion bantoue a recomposé l’Afrique subsaharienne et la civilisation capsienne s'est installée en Afrique du Nord, avant les Berbères, les Phéniciens et les Romains.
Le continent africain est le plus chaud, le plus sec mais surtout celui qui connaît la plus grande variabilité.
- Le stress hydrique menace 300M de personnes.
- La déforestation du bassin du Congo détruit 10 % de ses arbres par décennie.
- La pression démographique, l’extension des villes et la culture sur brûlis participent à la désertification.
- La disparition des grands mammifères est presque achevée.
- Les pollutions plastiques, et chimiques.
- Le site le plus pollué du monde est désormais Agbobloshie, au Ghana.
Oui, notre berceau brûle.
Parce que le pacte entre l'humanité et son territoire est brisé.
Pourquoi ne pas réaccorder notre attention à ce qui fait essence. Comme autrefois.
Le destin de l'Afrique appartient aux africains, mais elle est notre mère à tous.
Soignons-la ensemble.
Voilà, c’était la toute première publication de Cosmorama.
J’espère qu’elle vous a plu.
Prenez soin de vous et du monde,
Maxime
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