🏡 🏗️ La France compte 3,5 millions de résidences secondaires, soit un logement sur dix.
Un record mondial que nous partageons avec l’Espagne.
Dans 180 communes, le taux de résidences secondaires dépasse même les 70%.
Résultat : des villes désertées hors saison, et des prix de l’immobilier gonflés.
Une grande étude de septembre 2022 publiée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a dévoilé les principales caractéristiques des résidences secondaires en France et le profil-type des ménages qui les détiennent.
Parmi ces résidences, 40% se situent sur le littoral, 16% en altitude et 12% dans les agglomérations du Grand Paris, de Lyon, Toulouse et Bordeaux. Leurs détenteurs sont en général aisés et âgés de plus de 60 ans.
La proportion de résidences secondaires dépasse 50% dans de nombreuses communes françaises.
Notamment dans les Alpes, sur la côte méditerranéenne, en Bretagne, à Belle-Île-en-Mer, dans le Vexin ou en Normandie (le pays d’Auge).
Les différences de niveau de vie entre détenteurs de résidence secondaire et résidents principaux peuvent être localement très marquées. Dans certaines communes, seules 10 % des résidences principales sont occupées par des ménages aisés. Les résidences principales sont donc occupées en quasi-totalité par des foyers pauvres et les résidences secondaires par des foyers aisés.
En Bretagne, où je vis, la situation devient plus que préoccupante. Les propriétés secondaires accélèrent le bétonnage et la crise du logement. D’où l’idée, portée à l’origine par les régionalistes, mais soutenue depuis par d’autres formations politiques d’instaurer un « statut de résident », qui permettrait de découpler l'accès au marché immobilier avec deux marchés parallèles : un pour les résidents permanents et un pour les résidents temporaires. Ca peut prendre de facto la forme de taxes spécifiques, ou de conditions à l’achat comme le fait d’habiter sur place au moins un an avant de pouvoir acquérir son bien, ou encore le modèle emphytéotique britannique de location très longue durée. À creuser…
Pourquoi faut-il réagir ?
Parce que la situation est en fait catastrophique dans certains cantons du sud Morbihan, comme à Locmiquélic, près de Lorient, où depuis 2019, les prix de l’immobilier ont doublé en 3 ans. Le marché des résidences secondaires tire les marchés immobiliers vers le haut, mais surtout transforme certaines cités en quartiers fantômes pendant la majeure partie de l’année.
A Locmiquélic : 85 % de la population locale ne peut plus se loger au prix du marché. Les quartiers sont vides 8 mois sur 12. Et les habitants le vivent comme une profonde injustice.
Spéculation, dégradation de l’environnement, hausse des prix du foncier, construction hâtive et fragile, difficultés d’accès au logement, perte de repères identitaires et culturels pour les populations locales. Peut-on évaluer l’impact socio-économique et écologique des résidences secondaires sur les territoires ?
La question est épineuse et ne manquera pas d’agiter les politiques publiques à mesure que l’accès au logement se durcira.
Avant la fin du siècle, une telle proportion de logements vides ne sera même plus envisageable.
Prenez soin de vous et du monde,
Maxime
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